Quand la randonnée en kayak devient une véritable croisière sur le Danube…

Si nous avions connu jusqu’alors un Danube mince et porté le kayak pour les nombreux barrages journaliers ; depuis Ulm, tout a bien changé. Désormais le Danube est large et profond, déjà assez imposant. Mais un allemand croisé ce matin nous promet qu’il sera quatre fois plus large en Autriche. Pour les barrages, il n’est maintenant plus question de porter nos sacs et notre kayak sur plusieurs centaines de mètres. Nous avons d’abord découvert avec joie, les écluses que l’on peut activer soi-même, puis des espèces de toboggans pour kayak. Enfin, notre dernière découverte : alors que nous pensions devoir porter notre chargement sur près d’un kilomètre, nous avons pu profiter d’un chariot mis à disposition pour transporter tout cela.kayak

Depuis Ulm, nos amis allemands nous jalonnent le chemin en nous indiquant les kilomètres restant jusqu’à la Mer Noire grâce à des panneaux tous les 200 mètres. Mais comme entre ces 200 mètres nous pouvions nous sentir perdus et désemparés, ils ont eu la bonne idée d’en installer tous les 100 mètres. Tout est très bien aménagé !

Ainsi, pour nous il ne s’agit plus de randonnée, mais plutôt d’une croisière sur le Danube. Qui plus est, le paysage reste magnifique. Les bords du Danube sont souvent boisés et vallonnés et parfois des falaises viennent plonger dans ses eaux.

paysage

C’était le cas, près de la ville de Weltenburg, où du kayak, nous admirions le paysage. Camille, à l’avant du bateau, en profitait pour fixer cela dans l’appareil photo. Seuls les baigneurs, promeneurs, kayakistes et autres petites embarcations venaient troubler le calme de ce somptueux décor. Jusqu’à ce qu’on aperçoive un immense bateau de tourisme qui vint briser d’un seul coup cette image d’Épinal. Finalement, il était plus plaisant de pagayer lorsque le Danube était interdit à la navigation ! Amusé par cette situation, nous filmons l’avancée du bateau. Fort de notre petite expérience de kayak de mer en Bretagne, nous rions des vagues qu’il entraîne dans son sillage lorsqu’il arrive à notre hauteur. Seulement, le creux d’une vague nous dépose sur un rocher incliné et manque de nous faire chavirer et de faire boire la tasse à notre appareil photo. Nous nous dépêchons ensuite de le ranger avec soin dans un sac étanche.

croisière

Quelques kilomètres plus loin nous entrons brutalement dans un monde un peu irréel. Le décor n’a pas changé, seuls les personnages diffèrent. Nous voyons arriver à toute berzingue un bateau à moteur, puis deux, puis trois, puis des jet-skis. Tous n’ont qu’une idée en tête, aller le plus vite possible, faire demi-tour et recommencer. Nous restons abasourdis sur notre petit kayak au milieu de ce manège affreux. Nous ne comprenons pas pourquoi vouloir aller si vite alors que tout appelle à la contemplation et à la lenteur. Heureusement pour nous, c’était un dimanche après-midi. Depuis nous en croisons toujours, mais moins fréquemment. En revanche, nous naviguons de plus en plus aux côtés de gros bateaux de croisière et de commerce qui empruntent le cours du fleuve.

jet-ski

En Allemagne, nous avons vu le Danube se métamorphoser d’une petite rivière à un fleuve conséquent. À présent, nous nous apprêtons à découvrir son visage en Autriche.

Le Danube en Allemagne

Nous sommes enfin partis. Le trajet en voiture s’est très bien déroulé. Barbara, la voiture de Lawrence, a réussi à nous amener à destination, avec tout notre chargement.

Barbara

A Donaueschingen, le Danube n’a rien du fleuve majestueux que l’on imagine. Sa source est en réparation et ni le Clain, ni l’Envigne, ni même la Palu n’ont à envier le débit du Danube à ses débuts. Il est même complètement à sec légèrement plus loin et nous avons été obligés d’aller jusqu’à Tuttlingen d’où nous avons commencé notre périple.

Début Danube

Le lendemain nous prenons grand plaisir à pagayer. Le Danube est très intimiste, il nous abreuve de sa faune et de sa flore. Dans ce petit monde préservé, on en oublie les routes qui sillonnent aux alentours. Le fleuve, large de sept mètres (à vue d’œil) serpente dans la forêt et à un virage, nous nous retrouvons soudain nez à nez avec un cygne imposant. Il gonfle toutes ses plumes et nous montre son large cou. Il semble que le Danube ne soit pas assez grand pour nous trois. Peu à peu il nous oblige à nous diriger lentement, à son rythme sur la rive opposée. Nous découvrons dans un recreux en face sa femelle et ses quatre enfants. Un cinquième gît, mort, dans l’eau. Durant ces longs instants nous pagayons presque à l’arrêt. Le cygne ne fait aucun bruit, presque aucun mouvement mais il est menaçant, sûr de sa force et nous guide à sa guise. Finalement nous contournons sa famille et nous nous en allons encore sous le choc de cette rencontre. Heureusement nos autres rencontres avec des cygnes se sont très bien passées depuis.

Parc naturel

Le jour suivant nous traversons plusieurs parcs naturels. Le décor est encore plus beau. Nous sommes entourés de falaises et de forêts. Nous en profitons jusqu’à 15h, heure à laquelle nous nous arrêtons pour manger. Là les allemands que nous croisons nous disent qu’il est interdit de naviguer ici et invoquent à plusieurs reprises le mot « Polizei ». Sur ce une responsable du parc nous aborde et nous oblige à quitter le Danube sur le champ, sous peine d’appeler la police. Pour être sûre qu’on ne continue pas elle nous demande de la rejoindre dans sons bureau, pour voir quel train nous prendrons. Nous traversons la ville en plein soleil avec notre kayak et notre lourd attirail et nous prenons finalement le train pour Riedlingen. Nous y arrivons à 19h et après quelques mésaventures (plusieurs arbres morts empêchent le passage dans le bras que nous empruntons, une chaussure perdue puis retrouvée dans 50 cm de vase…) nous trouvons un lieu de bivouac à 21h passé, assaillis par les moustiques. Dure journée…

Depuis tout est plus simple et nous sommes actuellement avec Christina, une amie de Camille, chez ses parents du côté de Ulm, où nous sommes très chaleureusement accueillis. Ce moment de pause est vraiment le bienvenu et nous profitons de ce temps très agréable pour nous remettre en forme et écrire ces lignes.

PS : merci beaucoup pour tous les messages.

Désolés, on essaiera d’être plus concis la prochaine fois mais comme c’est notre premier article, on voudrait tout raconter !